Portrait.jpg

L'histoire de Mécréantes

JE SUIS LÉANE ALESTRA, CRÉATRICE ET AUTRICE DU PROJET DEPUIS 2020. 🖐️

Le 29 janvier 2020, Roman Polanski réalisateur pédocriminel condamné et fugitif d'Interpol remporte le césar du meilleur film. 12, c'est le nombre de nominations qu'il obtient cette année là au Césars, mais aussi le nombre de victimes qui l'accusent de violences sexuelles et viols. Dès sa nomination, les féministes se mobilisent, elles bloquent des cinémas et perturbent la cérémonie des Césars, l'opinion publique s'enflamme. "Il faut séparer l'homme de l'artiste", "Les fausses accusations de viols sont courantes", "Elles mentent, elles font ça pour l'argent". Trois années se sont déjà déroulées depuis l'apparition du mouvement #Metoo mais les stéréotypes et la culture du viol ont la peau dure. Parmi les élèves de ma promotion, plusieurs filles, sont en arrêts maladies. Comme moi, elles ont survécues à des violences sexuelles, mais les débats autour de Polanski affectent violemment leur santé mentale. Leur efforts pour se reconstruise semblent s'écrouler sous la violence des discours, leurs donnant ainsi l'impression de repartir des années en arrière. Moi aussi, je ne dors plus. Je réalise alors que les préjugés sexistes qu'on entends autour de nous ont un impact réél. Non seulement ils participent à légitimer les violences machistes, mais ils empêchent aussi aux victimes de se reconstruire. Je m'interroge, combien de femmes ont été mise en arrêt maladie suite à l'affaire Polanski ?Pourquoi personne ne se pose là question ? 

Suite à cet événement, bien que je ne possède aucune formation de journalisme, je décide de créer Mécréantes. J'ai souhaité imaginer un média d'éducation populaire, exigent mais accessible. Je l'ai voulu sourcé, fouillé, afin de mettre à disposition des outils permettant de comprendre les problématiques lié au genre.


Pour ma part je suis Léane, 23 ans. Médocaine, je suis arrivée à Paris en septembre 2019, pour finir mes études de design. Au fil des manifestations, je comprends que mon engagement féministe devient dévorant, je créé Mécréantes en mars 2020. Durant les deux confinements, je mène de front Mécréantes, un master de design et un contrat pro. Je trime trop et ma santé se fragilise mais je n'écoute pas mon corps. Et pour cause, le succès de Mécréantes est intense, rapide et passionnant : alors je m'accroche. Au fil des mois, grâce au féminisme, je comprends que je suis lesbienne mais également neuroatypique. Le diagnostique tombera quelques mois plus tard, j'ai un trouble de l'attention sévère. Je comprends dès lors qu'il sera difficile pour moi de tenir un travail salarié qui ne me passionne pas, tout en sachant qu'on ne travaille pas par choix : il faut bien se loger.  Après mon master je décide, en dépit de mes finances, de reprendre mes études pour consacrer le reste de mon temps à Mécréantes ainsi qu'à divers activités militantes. Aujourd'hui je suis étudiante en master d'études du genre à Paris 8 dans l'objectif de continuer à creuser mes connaissances pour enrichir ce projet. Aujourd'hui Mécréantes est mon activité à plein temps. Le projet est quant à lui financé uniquement grâce à mes soutiens Patreon. Si mon équilibre financier est précaire, je bénéficie en revanche d'une indépendance de création totale pour créer !


Je suis par ailleurs co-autrice du livre Nos amours radicales, membre du collectif #DoublePeine et impliquée dans plusieurs actions collectives.