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  • Léane Delanchy

Arpentage collectif : Comment faire tomber un dictateur de Srdja Popovic

Dernière mise à jour : 21 mars



Photo du collectif féministe chilien LasTesis


Chapitre 1 – ça ne peut pas se passer chez nous

Dans ce chapitre, l’auteur Srdja Popovic rencontre en Serbie des activistes non-violent.e.s Egyptien.ne.s qu’il forme dans le but de les aider à renverser le dictateur Housni Moubarak. Il se sert de l’expérience acquise au sein d’Otpor!, mouvement de lutte contre Slobodan Milosevic créé par lui et ses amis alors étudiants, pour expliquer comment affaiblir l’image de la dictature. Puis, comment faire naître un sentiment de force commune dans le peuple opprimé et récolter des soutiens.

Idée principale : L’auteur explique que face aux exemples des autres révolutions, les activistes sous régime dictatorial vont avoir l’impression qu’il est impossible de faire de même chez eux et que rien ne changera jamais. Le premier pas pour se lancer est de mettre de côté cette idée. Malgré les spécificités de chaque régime, les principes de l’action non-violente sont universels et finissent par fonctionner, même s’ils paraissent éloignés de l’image qu’on se fait d’une révolution. Le fait que les leaders pensent aussi que ça ne peut pas arriver chez eux y contribue. Seuls les activistes locaux ont les connaissances pour décider des meilleures actions à adopter sur place. On ne conseillerait pas par exemple à une femme saoudienne de reprendre les actions des Femens.

Selon Popovic, le sentiment d’être insignifiant vient naturellement d’une culture qui nous apprend que ce sont les forts et les puissants qui font l’histoire. Les médias tournent autour des vies des riches et puissants et les représentations de lutte uniquement autour de guerres violentes. Pourtant, celleux qui sont à l’origine d’avancées réelles et pas de nouvelles guerres n’étaient pas issu.e.s des élites : Martin Luther King, Gandhi, Harvey Milk ou Jane Jacobs…

Idées secondaires :

  1. L’auteur explique que dans une dictature où règne la peur, le rire est la meilleure arme pour résister. L’humour permet à la fois de remonter le moral, de séduire par le divertissement et d’affaiblir la terreur exercée par le régime. C’est une stratégie clé pour lancer rapidement un mouvement de masse à l’époque d’Internet et de la société des loisirs. C’est un concert où les musiciens ont pris position contre le régime militariste qui l’a sorti de l’apathie. Évènement exceptionnel, un concert gratuit du groupe le plus populaire de la ville a attiré en masse celleux qui comme l’auteur ne seraient pas descendu.e.s dans la rue pour une manifestation, mais l’auraient fait avec plaisir pour un concert punk. Popovic réalise alors que l’activisme n’a pas besoin d’être ennuyeux, et peut être plus efficace pour sensibiliser le public sous des formes moins traditionnelles (manifestation). Il a alors l’impression qu’il doit agir, et ces idées se développent jusqu’à la création de Otpor!.

  2. Commencer par des actions subtiles mais répandues permet de se protéger des forces de l’ordre tout en révélant à chacun.e l’ampleur du mécontentement collectif. On vise un objectif accessible, à échelle personnelle : réaliser des pochoirs et coller des stickers avec le logo du poing pour Otpor!, encourager les taxis à rouler au ralenti au Chili sous Pinochet… La première action d’Otpor! est choisie pour maximiser leur portée. À un moment où il aurait été très difficile de rassembler des participants pour une manifestation, la pose de pochoirs en grand nombre sur la place principale de Belgrade les a rendus visibles, a intrigué et fait grandir le sentiment que quelque chose de sérieux se préparait. Les actions suivantes étaient créatives et cherchaient à instiller un sentiment d’espoir. Elles passaient par la satire, étaient d’abord des sortes de canulars : lâcher des dindes déguisées en figures de pouvoir (ici l’épouse du dictateur, avec une certaine dimension misogyne) dans les rues, pour ridiculiser les policiers obligés de les poursuivre. Ils sont ainsi décrédibilisés aux yeux des passant.e.s puis l’image est immortalisée par les journalistes, dans un contexte où les médias sont à la botte du régime.

  3. Popovic explique qu’à la manière d’une marque, le dictateur dépend de sa visibilité à travers la propagande, et représente quelque chose : la stabilité. Diffuser une image forte va permettre aux activistes de le concurrencer par leur propre marque, et de donner aux gen.te.s le choix d’une alternative plus attractive. Ils doivent signaler leur présence pour pouvoir fédérer les groupes contestataires et ainsi combattre le dictateur omniprésent. Tout comme les Révolutions rose, orange, la révolution du Cèdre… A l’époque de l’auteur, il a fallu créer le mouvement avec son identité : le nom Otpor! (Résistance) et un poing comme logo. Un symbole tendance et facile à reconnaître car c’est une variation de celui d’autres luttes sociales : des résistants de la Seconde Guerre Mondiale aux Black Panthers…

Chapitre 2 - Voyez grand mais commencez petit


Jonathan Kazol « choisissez des batailles assez importantes pour compter, mais assez petites pour les gagner »


Dans ce chapitre, l’auteur développe à travers divers exemples, l’importance de commencer par mener des petites actions, éventuellement dans le but d’un plus grand projet, afin de rallier un maximum de personnes à sa cause.

- Il faut commencer par des petites actions

  • Trouver des points qui intéressent le plus grand nombre (Une nourriture saine et abordable est souvent un bon vecteur)

  • Se donner une belle image = réussir à paraître comme les gentils


Premier exemple: Itzil Alrov et le Cottage.

Tout cela se déroule dans un climat d’augmentation des loyers, rendant l’accès au logement de plus en plus compliqué, alors même que de nombreux complexes immobiliers très luxueux continuaient d’être construits. Une action semble compliquée, la majorité des citoyens préférant vivre cette difficulté, plutôt que de risquer des droits par ailleurs.

Quelques années plus tôt, le cottage (un fromage fortement apprécié et consommé), a été retiré de la liste des denrées de première nécessité et les prix ont fini par augmenter au point de doubler. Itzil Alrov, révolté par cette augmentation des prix, lance une page Facebook appelant au boycott du fromage Cottage, jusqu’à une baisse significative des prix. S’il ne rencontre pas un succès immédiat, son initiative finit par être relayée par les médias, et beaucoup de personnes se joignent à ce boycott. Si bien, qu’après plusieurs semaines, les industriels se retrouvent dans l’obligation de capituler et de baisser les prix.

Inspiré par l’action menée par Alrov, un groupe d’activistes décide d’appliquer cette méthode et invite les citoyens à venir installer des tentes sur une des rues les plus luxueuses de Tel Aviv. La rue est vite remplie de tentes, et le gouvernement finit par capituler et inscrire dans les textes des lois sur la régularisation des loyers.


Deuxième exemple: Gandhi VS les Anglais.

Sun Tzu L’art de la guerre « opposer ses points forts aux points faibles des ennemis »

Gandhi est agacé par l’occupation des anglais en Inde, mais est tout à fait lucide sur le fait qu’une lutte armée est inenvisageable. Les soldats anglais sont trop armés. En revanche, ils sont très peu nombreux par rapport aux indiens. Gandhi propose de se révolter contre la taxe sur le sel (perçue par les anglais), et monte un groupe qui marche sur les rivages afin de récolter du sel. Au fur et à mesure de la marche, les ramasseurs sont de plus en plus nombreux, jusqu’à être douze mille. Les britanniques ne peuvent pas recourir à la force, car cela leur donnerait trop mauvaise presse de s’en prendre à des marcheurs pacifistes. Ils se voient forcés de supprimer la taxe sur le sel. C’est une des étapes qui mènera à l’indépendance de l’Inde.


Troisième exemple: Harvey Milk

Harvey Milk est un homme homosexuel, qui après avoir vécu sa sexualité caché, décide d’aller s’installer à San Francisco. Il commence à s’impliquer dans la politique locale, puis se présente à la mairie, en défendant les droits des personnes homosexuelles. Si son nombre de partisans grandit, cela ne suffit pas pour lui octroyer un siège. Il réussit enfin à se faire élire, en se plaignant des crottes de chiens dans la ville, et promet d’éradiquer ce problème. Il gagne ainsi la confiance des habitants, qui le voient désormais comme un homme à l’écoute de leurs problèmes quotidiens, et se fait élire. (Harvey Milk fut le premier élu ouvertement homosexuel de l’hostoire de la Californie en obtenant un siège de superviseur municipal. Il a cependant été assassiné 11 mois plus tard par un ancien superviseur municipal furieux de cette victoire. Son assassin ira seulement cinq ans en prison, Milk restera une icône et un martyr de la communauté LGBT+).


Quatrième exemple: James Lawson

En pleine ségrégation, James Lawson a compris que pour gagner la lutte des droits civiques, il avait besoin du soutien des Blancs, qui avaient souvent peur des Noirs. Pour cela, il invita les manifestants à toujours s’habiller impeccablement, et à ne pas opposer de résistance à la police lors d'actions comme celle de l’occupation des Coffee Shop ségrégés. Ainsi, les blancs finiraient par voir qu’ils n’ont aucune raison d’avoir peur des noirs, et donc de leur refuser des droits.


Chapitre 3: Une vision pour demain

Le contexte:

Dans ce chapitre l’auteur s’appuie sur l’exemple des Maldives, un pays composé d’îles paradisiaques situé au milieu de l’océan indien. Les Maldives sont sous le joug d’un dictateur féroce et tortionnaire : Maumoon Abdul Gayoom qui soumet le pays (à l’exception de quelques îles très touristiques) à un islam strict.

L’élément déclencheur :

En 2004, un tsunami ravage près d' un quart des îles habitées. Certains pays occidentaux acceptent d’envoyer des fonds pour aider à la reconstruction du pays à condition que le tyran autorise la création de partis politiques et organise des élections libres. N’y voyant pas de menace, celui-ci accepte. En effet, seuls trois groupes désunis contestent la présence du dictateur : une élite étudiante partie vivre à l’étranger, des groupes islamistes extrémistes et des toxicomanes (que le régime approvisionne en drogue pour acheter leur tranquillité).

L’élément fédérateur :

Les premiers décident de rassembler les habitants de la capitale autour de distributions gratuites de riz au lait, une douceur dont les Mauriciens raffolent. Les rassemblements étant interdits par la loi, cette pratique devient un signe fort de désobéissance. Elle se répand bientôt aux autres îles et permet aux gens de se retrouver pour échanger. Bien que fédérateurs, ces rendez-vous ne permettent pas de faire évoluer la situation politique du pays. C’est pourquoi les Maldiviens vont chercher de l’aide auprès de S. Popovic et Slobodan Djinovic, les fondateurs du Canvas (Center for Applied Nonviolent Action and Strategies), une ONG destinée à diffuser les techniques d’activisme pacifique. Ceux-ci leur font remarquer qu’il leur manque quelque chose de fondamental : “Un vision pour demain”.

Une vision pour demain :

Contrairement aux Serbes qui avaient vécu dans un pays ouvert avant l’effondrement de l’Union soviétique, les Maldives n’avaient pas connu d’autres modèles que la dictature dans laquelle ils avaient grandi. Tout est à faire et ils sont accompagnés dans cette tâche par S. Djinovic qui leur donne plusieurs conseils :

- Pour créer de l’engagement, il est inutile de débattre de grands principes abstraits tels que la liberté, les droits civiques… ces concepts ne sont pas ancrés dans la réalité et ne fédèrent pas la population autour de la lutte.

- Il faut donc privilégier les mesures concrètes, qui améliorent le quotidien des gens. Pour les Maldiviens cela consiste à lutter contre la corruption et utiliser l’argent économisé pour mettre en place un système de retraite, créer une couverture sociale et construire de nouveaux logements.

- Pour cela il faut s’appuyer sur les besoins spécifiques de chaque couche de la population.

- Enfin, il ne faut pas négliger le rôle que les anciens ont à jouer dans les mouvements de lutte. En effet, ils détiennent de nombreux savoirs, ont de l'expérience, du temps libre et veulent souvent s’impliquer pour les générations suivantes.


Chapitre 4 : Les piliers tout-puissants du pouvoir

Au travers de sa rencontre avec 17 activistes syrien·nes voulant renverser Bachar al-Assad, Srdja Popovic développe deux points essentiels à une révolution non violente.

-Pourquoi choisir la non violence ?

-La notion de piliers du pouvoir.

-Pourquoi choisir la non violence ?

Au-delà d’un choix moral, la non violence est un choix tactique.

Utiliser la violence contre une dictature désavantage les révolutionnaires qui ne possèdent pas autant de moyens, de troupes, d’armes. De plus, une révolution violente a besoin de personnes en mesure de se battre, ce qui laisse une bonne partie de la population à l’écart. Celles-ci, même si elles ne peuvent pas se battre, peuvent lutter par l’action non violence. Popovic insiste sur la nécessité de rassembler « une masse critique de gens » de son côté, chose qu’il considère presque impossible par l’action violente.

La notion de piliers du pouvoir

La notion de piliers du pouvoir a été développée par Gene Sharp, théoricien de la lutte non violente. Pour lui, chaque régime est soutenu par un petit nombre de piliers sur lesquels on peut faire pression pour le faire s’effondrer.

Les piliers du pouvoir ne sont pas les mêmes selon l’organisation de la société, d’où la nécessité pour les activistes de les identifier et de les cibler.

Lors de la révolution serbe, un des piliers de pouvoir était ce que Popovic appelle des « leaders d’opinion ». Ceux-ci étaient les médecins, enseignant·es de campagnes et prêtres, du fait de leur statut particulier et de leur influence sur la population.

Mais ces piliers du pouvoir sont également d’ordre économique. Popovic indique que tous les tyrans ont besoin d’énormément d’argent, que ce soit pour payer les militaires, les armes ou pour distribuer des pots de vins.

Ces différents piliers, qu’ils renvoient à un secteur économique ou d’influence, sont des cibles plus aisées que les bases militaires. Popovic insiste également sur l’importance des petites victoires, des actions simples et remportables facilement.

Ainsi, lors de sa rencontre avec les activistes, il focalise leur attention sur un des revenus du régime, le tourisme. La cible de départ serait un hôtel appartenant à une franchise internationale, l’objectif premier étant de le faire fermer en contactant les actionnaires ainsi que la presse du monde entier. Les actionnaires de l’hôtel ne voulant pas de mauvaise publicité, iels couperont leurs liens avec leurs hôtels en Syrie, ne voulant pas être associés avec un régime dictatorial. Cela aura un impact sur les autres franchises, et un nombre croissant d'hôtels fermeront, faute de soutien des actionnaires internationaux.

Cette action commence par un objectif précis et accessible : faire fermer un hôtel appartenant à une franchise internationale, où les touristes et les habitant·es séjournent et travaillent. De plus, Srdja Popovic insiste sur le fait qu’un régime dictatorial repose sur l’obéissance des gens ordinaires, que ce soit des réceptionnistes, des professeur·es ou même des policier·es. Ces gens veulent seulement vivre leur vie, faire leur travail et être payé pour celui-ci. Rompre le cours normal de la vie est une des premières actions à mener en tant qu’activistes, et pour se faire, il faut secouer les piliers du pouvoir.


Chapitre 5 : Rire jusqu’à la victoire

Dans ce chapitre, l’auteur cherche à démontrer que pour lutter contre une situation de façon non violente, le rire (qu’il qualifie de « dérisionisme ») est la meilleure arme.

Il donne alors plusieurs pistes de réflexion:

- L’humour est universel mais pour faire rire, il faut bien connaître son public et adapter ses blagues au contexte culturel et à la population visée.

- Il faut soigner le timing de ses blagues en utilisant le calendrier des fêtes, les grands événements et rassemblements nationaux…

- Il faut également prendre du plaisir à être drôle et faire preuve de créativité.

- Les canulars doivent découler de prises de décisions stratégiques. Ils ne doivent pas uniquement faire rire, mais aussi véhiculer un message.

- L’humour permet de décrédibiliser les figures d’autorité au pouvoir. Elle sert à combattre la peur et à véhiculer une image « cool » du mouvement de protestation ce qui facilitera le recrutement de nouveaux membres et convaincra les citoyens les plus frileux de s’impliquer.

- Le rire est un acte de défi contre lequel la police ne peut rien faire ! Elle ne peut interdire ce qui n’est pas illégal ni ne peut réagir de manière violente, au risque de se mettre à dos la population civile.

- Le rire permet d’excéder l’ennemi ce qui le conduira à commettre des erreurs et à perdre toute crédibilité. Plus les opposants sont violents, plus c’est une arme efficace.

Quelques exemples dans différents pays:

- En Pologne pour protester contre la propagande faite à la télévision, des opposants décident de boycotter les infos du soir. Cette action n’a pas de visibilité et il faudra attendre que les militant-es décident de promener leur téléviseur dans des brouettes à l’heure du journal du soir pour que cet acte prenne une ampleur différente. Pour tenter de mettre fin à cette mascarade, le parti instaure un couvre-feu à 19h. Après ça, les militants convainquent la population de porter des habits et accessoires rouges, se moquant ouvertement du régime communiste. Ces actes subversifs aideront la prise du pouvoir par des opposants politiques trois ans plus tard.

- En Iran, la population est friande de football, mais dans ce pays très conservateur, les femmes n’ont pas accès au stade. Lors des qualifications de la coupe du monde de 2014, deux militantes (F. Iktasari et S. Kazimi) réussissent à s’introduire dans le stade et à partager des photos d’elles sur les réseaux sociaux, concentrant l’attention du monde entier sur leur acte de désobéissance. La police se trouve alors dans l’impossibilité de réprimer l’acte au risque de subir des sanctions internationales. Cette action a une symbolique forte. Ces deux femmes incarnent alors l’espoir d’un avenir meilleur pour les Iraniennes.

- En Syrie, des militants décident de décrédibiliser la police du régime ultra violent de Bachar al-Assad, grâce à de multiples farces.

1) Ils remplissent les fontaines de colorant alimentaire rouge. Un symbole du sang qui coule à flot à cause du dictateur.

2) Ils lancent des milliers de balles de ping pong dans les rues pentues de la ville de Damas, sur lesquelles sont notamment inscrits les mots “liberté” et “assez”.

3) Ils cachent des enceintes qui scandent des chansons interdites dans des endroits à l’odeur pestilentielle (tas de fumier et poubelles).

La police qui semait la terreur est complètement décrédibilisée lorsqu’elle est vue courant après des balles dans toute la ville et fouillant à mains nues dans des immondices.

Chapitre 6 : Retourner l’oppression contre elle-même


Le chapitre commence par présenter l’exemple de la Révolution de Safran en Birmanie.

Entre 1962 et 2007, le peuple Birman tente à plusieurs reprises de se débarrasser d’une dictature militaire. En 2007, le régime met en place une série de mesures économiques drastiques et le peuple birman sort dans la rue.

Un des meneurs est Ashin Kovida, un jeune moine bouddhiste. En Birmanie les moines bouddhistes ont une place très importante et respectée dans la société. Le 19 septembre 2017, il appelle les populations et les autres moines à se joindre à lui dans une marche. L’appel est bien suivi, le peuple birman comptant sur la présence des moines pour freiner la répression du régime.

Le régime militaire ouvrit-il le feu sur la foule, causant la mort d’une dizaine de personnes ? De nombreux manifestants, dont Kovida et d’autres moines, furent arrêtés. Le peuple Birman fut profondément blessé par ce déchaînement de violence contre les moines.

La violence de cette répression fut l’élément déclencheur de la Révolution de Safran, qui mit fin à la dictature et amena Aung San Suu Kyi au pouvoir.

« Face à la violence aveugle et stupide de leur gouvernement, les Birmans moyens, qui n’auraient jamais envisagé de se dresser contre la junte, éprouvèrent une telle émotion qu’il leur fut impossible de rester simplement assis sans rien faire. »

L’auteur explique ensuite comment les activistes peuvent retourner l’oppression contre elle-même.

D’abord, il faut comprendre comment fonctionne l’oppression, et identifier son principal levier, la peur. Le but de cette peur n’est pas d’effrayer la population, mais de la forcer à obéir.

« Donc, si nous voulons que les gens cessent d’obéir au régime, il faut qu’ils cessent d’avoir peur. »

L’auteur poursuit avec l’exemple du groupe d’activistes Serbe Otpor!

Au début du mouvement, le groupe remarqua que l’instrument principal de la police contre les activistes était la menace de l’arrestation, plus que les arrestations en elle-même, car les militants ne savaient pas ce qui les attendait. Après les premiers emprisonnements d’activistes, le mode opératoire des policiers était connu et analysé.

Lorsqu’un militant était arrêté, les membres du groupe lançaient une grande campagne de communication auprès des proches et des médias. Ils se rassemblaient devant le commissariat pour manifester joyeusement et pacifiquement. Les rassemblements ne cessaient qu’à la libération du militant, qui était alors célébré en héros.

« Bientôt, les gens furent disposés à prendre des risques incroyables, parce qu’ils savaient que dès que les types de Milosevic auraient refermé les menottes sur leurs poignets, tout un mouvement se mettrait en branle en coulisses pour les faire libérer. »

Face à cette organisation, le gouvernement réagit avec toujours plus de fermeté, en demandant un nombre croissant d'arrestations. Il rentre alors dans un cercle sans fin, les arrestations renforçant la notoriété d’Otpor! et donnant une force toujours plus grande aux activistes. Ils avaient transformé la peur paralysante de l’arrestation en « un risque mineur et acceptable »

L’auteur prend ensuite en exemple les Pussy Riots, groupe punk de jeunes femmes russes. Après plusieurs concerts provocateurs, elles furent la cible d’un acharnement judiciaire de la part du régime de Poutine. Alors que le groupe était inconnu en dehors des cercles activistes russes avant leur arrestation, la médiatisation de cette affaire à l’étranger mit en lumière la démesure de la réaction de Poutine.

« les Pussy Riot étaient parvenues à montrer au reste du monde que Poutine était un despote, qui plus est un despote remarquablement inefficace, puisqu’il échouait dans la tâche élémentaire de faire taire un groupe de rock braillard »

Pour l’auteur, il s’agit d’« identifier les situations où les gens usent de leur autorité au-delà des limites raisonnables. », pour ensuite pousser le pouvoir dans une situation où il ne pourra plus soutenir le coût (en temps et en argent) de l’exercice de son autorité. Il faut alors montrer au plus grand nombre que la répression exercée n’est ni juste ni proportionnée. Il est pour cela important d’identifier les piliers du pouvoir sur lesquels s’appuyer que le régime ne pourra pas attaquer sans crainte. Il peut s’agir d’individus, de points culturels, d’actions sur l’économie, etc.


Chapitre 7 : C’est l’unité, idiot !

Après s'être intéressé aux conditions qui permettent aux gens ordinaires de faire des choses extraordinaires et à la définition de l'action non violente, penchons nous sur la manière de la mettre en œuvre. Prenons le cas de la Biélorussie. Alexandre Loukachenko en est le dictateur depuis 1994, et pour renverser son pouvoir, les biélorusses ont tenté ''la révolution en jean'' en 2006. Le jean étant symbole de démocratie, ils ont été des dizaines de milliers à le porter pour leurs manifestations, mais cela n'a pas suffi. Suite à cela, en 2010, la pression des activistes pro- démocratie a permis une élection plus ou moins propre. Mais malgré le profil intéressant des neufs candidats de l'opposition, ils sont trop nombreux et les différents partis dilapident leur énergie en se battant sur des légers désaccords au lieu de s'unir face à leur adversaire commun. Les conséquences sont dramatiques puisque Loukachenko va pouvoir se vanter d'avoir eu une victoire éclatante dans le cadre d'une élection, plus ou moins libre.

Ce qui nous amène donc à l'ingrédient numéro 1 : l'unité. Unité qui est complexe et difficile à obtenir pour plusieurs raisons, la première étant la nature des régimes répressifs. Il était par exemple impossible de se réunir à plus de cinq en Egypte lorsque Moubarak était au pouvoir, ce qui rendait toute coalition impossible.

Le deuxième frein est la tendance innée que l'on a tous à croire qu'on sait mieux que les autres. A ce jour encore, les membres d'Optor! reviennent sur d'anciennes prises de tête qui auraient pu, dans un autre contexte, en pousser plus d'un à la démission pour aller créer un mouvement ''plus pur''.

Enfin, la multitude des différents types d'unités est également un point clé. L'unité politique peut être plus facile à obtenir dans certains contextes. Or dans la bataille des droits civiques, unifier les blancs et les noirs a été plus difficile, tout comme créer une unité culturelle entre les homosexuels et les hétérosexuels.

L'unité du message est également une unité tactique des plus importantes. Les Femens, par exemple, ont commencé leur mouvement avec une certaine efficacité grâce à une belle position d'unité dans leur lutte. Ensuite, la diversification des cibles, causes et messages (droits des femmes, laïcité, etc) a favorisé la perte d'un propos bien ciblé. A Optor! Le slogan unitaire ''il est fini'' met en avant ''lui'', le dictateur, l'objectif commun qui permet à chacun de se rallier à cette opposition.

Si on s'intéresse au mouvement hippie, on note qu'il y a un message clair d'opposition à la guerre et de paix, et qu'ils sont identifiables. L'identité commune permet donc elle aussi de constituer un mouvement d'ampleur, distinct des protestations individuelles.

Un autre point important est l'aspect administratif. L'organisation est indispensable pour créer une unité et le refus d'une présidence par exemple, ou à l'inverse un cadre trop strict qui ne laisse pas la parole à chacun, peuvent amener à une scission. Les mouvements sont donc comme des avions. Sans pilote, ils s'écrasent.

Pour assurer l'unité, il est donc indispensable d'apprendre à partir de l'expérience de l'autre. Inspirons-nous de l'image des chrétiens et des musulmans, qui se sont mutuellement protégés pour leurs prières respectives, durant le soulèvement de 2011 sur la place Tahrir.

Il faut également noter que la désignation d'une figure publique et cette ''puissance des stars'' peut porter préjudice à un mouvement pour ce qui est de l'identification. Soit parce que tout le monde ne se sentira pas interpellé par ces figures, soit parce qu'elles peuvent être tuées, ou corrompues par le pouvoir en place.

C'est pourquoi l'unité est bien plus qu'un groupe de personnes alignées derrière un candidat ou une question spécifique. Il s'agit de créer un sentiment de communauté, à travers les éléments d'une identité commune et avec une organisation cohésive qui n'exclut personne. Tout ce que vous faites doit donner aux autres le sentiment que votre combat est aussi le leur.


Chapitre 8 - Planifiez votre chemin vers la victoire


A travers plusieurs exemples, l’auteur développe différents points auxquels il faut être attentif pour mener à bien ses actions :

  • Importance de visualiser clairement son objectif (Stratégie de l’oeuf d’oie)

  • Séquence de planification inversée : on définit l’objectif, et on part de là pour déployer nos actions à rebours.

  • Être attentif au timing et à la dynamique de ses actions. Il faut choisir le bon timing pour être sûr de toucher le plus de monde possible, et garder une bonne dynamique (tel un bon film d’action, toujours viser plus grandiose, plus spectaculaire)

  • Penser : Stratégie globale, stratégie et tactique. Importance d’avoir les trois.


Toutes les meilleures actions du monde peuvent tomber à l’eau, si le timing choisi n’est pas le bon. Il faut trouver le moment idéal pour capter l’attention et l’adhésion du plus grand nombre. Le groupe Otpor! (Serbie) a ainsi utilisé le nouvel orthodoxe de l’an 2000 pour inviter les citoyens présents à participer au changement. L’argument de l’an 2000 a été brandi pour justifier ce changement : « L’an 2000 sera notre année » scandé par la foule présente.


Bob Helvey, ancien colonel, a aidé les Birmans à organiser leur résistance non violente. Le pays est dans une sorte de guérilla, les résistants multipliant les petites attaques armées envers les soldats. Bob leur fait remarquer qu’ils ne représentent qu’1/10ème de l’armée, et qu’ils n’ont aucune chance de réussir en continuant ainsi. Un des résistants suggère alors de mettre en première ligne les moines, ainsi l’armée n’osera pas tirer sur les rebelles.


Exemple de la Rock Star : l’auteur démontre l’utilité de la séquence de planification inversée et de l'œuf d’Oie en s’imaginant Rock Star. Plutôt que de commencer simplement par faire des petits concerts au petit bonheur la chance, il imagine précisément quel type de Star il voudrait être. Devant quel type de public. De là, il s’imagine dans quelles salles jouer, et du coup où aller. En partant de l’objectif final, il a une vision plus claire des étapes pour le mener précisément là où il veut.


Chapitre 9 : Les démons de la violence

Une arme donne un sentiment de puissance et de possibilité de résoudre n’importe quel problème avec, qu’importe la personne qui l’a entre les mains. L’arme et ces sentiments véhiculés en masse laissent penser que les personnes en possédant une est capable de faire parfaitement son travail.

Etonnamment, lorsqu’il faut instaurer un changement social, celui ou ceux qui sont armés ont tendance à échouer. Erica Chenoweth et Maria J. Stephan, deux chercheuses américaines, ont étudié et analysé tous les conflits de 1900 à 2006. Elles ont constaté que les campagnes de résistance non-violente sont susceptibles de réussir pleinement ou en partie presque deux fois plus que la résistance violente : 26% de réussite pour une résistance violente contre 53% pour celle non-violente. Le dernier chiffre est en hausse depuis la fin de la Guerre Froide. Aussi, il est montré qu’il y a 40% de chance qu’une démocratie en reste une, 5 ans après la fin d’un conflit résolu par la non-violence, contre 5% de chances après un soulèvement violent. Il est observé que les chances d’un retour à la guerre civile dans la décennie est de 43% lorsqu’elle a été clôturée par la violence, contre 28% quand c’est la non-violence qui est utilisée. Toutes ces informations sont réunies dans leur ouvrage : Why Civil Resistance Works.


Même les résistants non-violents ne sont pas à l’abri d’actes violents de d’autres résistants qui se joignent à une action pacifiste. Malheureusement, la population ne retiendra que les actes violents effectués par les résistants violents et diffusés par divers médias. Par conséquent, le groupe de résistants non-violents aura une image ternie et la population sera méfiante vis-à-vis de leurs actions à venir.

Une discipline non-violente peut-être mis en place, même dans des pays jugés violent :

  • « Exposer l’histoire de mouvements non violents qui ont réussi, familiariser sa pratique par le biais de formation et se servir de ces techniques pour l’emporter sur le plan moral. ». L’éducation est le premier pas important vers la discipline non-violente.

  • Former les autres résistants a repéré les sources de conflits ou de tension afin de se préparer et à préparer les autres à la lutte non-violente.

  • Protéger le mouvement pacifique des fauteurs de trouble en montrant bien la distinction entre vous et eux, même s’ils semblent partager les mêmes idées que le mouvement. Les réseaux sociaux peuvent aider à faire la différence.

Cette discipline est doublement efficace puisqu’au sein de l’organisation la cohésion est bonne et en accord, et à l’extérieur du mouvement l’organisation et son/sa leader sont bonne ( ?). De plus, les actions non-violente peuvent attirer l’attention, voir la sympathie des haut dirigeants ou d’organisation/pays extérieurs.


Chapitre 10 – Finissez ce que vous avez commencé

L’idée forte de ce chapitre est qu’il est indispensable pour l’activiste de savoir terminer ce qu’iel a commencé et de déclarer victoire au moment où l’objectif est atteint afin de passer à la prochaine bataille. Le respect de cette temporalité est de la responsabilité de l’activiste. Elle assure que les changements apportés sont stables et durables.

Srdja Popovic détaille les écueils à éviter :

  • Célébrer la victoire trop tôt

Déclarer la victoire trop tôt revient à ne pas finir ce qu’on avait commencé. Ce fut le cas en Egypte, lorsque les combattant.e.s de la révolution ont pensé avoir gagné après la chute de Moubarak, avant de voir les Frères musulmans puis les militaires reprendre le pouvoir. L’objectif, « l’œuf », des activistes aurait dû être la démocratie, pas la chute de Moubarak. Iels n’auraient pas dû célébrer la victoire avant de l’avoir atteint.

  • Ne pas reconnaître la victoire quand on vous la concède

Déclarer la victoire trop tard est aussi un écueil. En 1989, de jeunes activistes chinois.e.s ont occupé la place de Tienanmen et ont réussi à obtenir des concessions et réformes tangibles de la part du régime. Iels les refusent et réclament une démocratie pleine et entière : le gouvernement prend peur et écrase le soulèvement. Il est nécessaire de voir la lutte comme une série de petits actes pour obtenir des résultats.

  • Ne pas assurer le suivi de ce qui semble être une grande victoire

Le mouvement peut s’effondrer de lui-même si les activistes se sentent trop confiant.e.s en leur victoire. C’est l’exemple de la Révolution orange en Ukraine en 2004 : les activistes du mouvement Pora soutenaient tous Viktor Iouchtchenko à la présidence. Lorsqu’il devint président, iels ne poursuivirent pas leur travail pour maintenir l’unité politique. Quelques mois après, la coalition au pouvoir se fissure et Ianoukovytch, l’ancien opposant, réinstalle une dictature. Srdja Popovic nuance cet échec en expliquant que « Le pouvoir du peuple est comme le génie de la lampe ; une fois qu’il en est sorti, il n’y rentre plus jamais » : lorsqu’Ianoukovytch veut se rapprocher de Moscou, un nouveau mouvement, Euromaïdan, s’organise pour empêcher le dictateur de leur retirer leur rêve de rejoindre l’Occident.

A l’inverse, en Serbie, à la chute de Milosevic, le mouvement Otpor! reste vigilant et sait que l’œuf n’est pas la chute de Milosevic mais l’installation de la démocratie : il montre au gouvernement nouvellement élu qu’il est surveillé. Le plus important est donc le suivi de la victoire.

Il ne faut pas non plus idéaliser les héros/élites que le mouvement a pu porter au pouvoir car il y a un risque de corruption et d’abus de pouvoir. Par exemple, dix ans après que les activistes géorgiens aient introduit dans leur pays la Révolution rose en 2003, Mikhaïl Saakachvili, jeune leader prometteur, fut battu à l’élection présidentielle après avoir été accusé de recourir au même genre de tactique autoritaire que ses prédécesseurs.


Ce qu’il faut faire pour obtenir un changement social :

  • Adopter la politique des petits pas et avoir un objectif concret et discipliné

Par exemple, lors de la Marche du sel, Gandhi procède par étapes successives et annonce ses victoires au fur et à mesure. Le succès de la Marche du sel n’amène pas à l’indépendance de l’Inde mais facilite ses prochaines actions.

Anna Hazare est un activiste indien, disciple spirituel de Gandhi. Il monte plusieurs actions dans son village pour améliorer la vie quotidienne : en 2011, il s’attaque au problème de la corruption par une grève de la faim. Le message de Hazare est efficace car il est simple, discipliné et concret : il ne veut pas la fin immédiate de la corruption, mais le vote d’une loi. De plus, on lui fait confiance car il a déjà été victorieux. Rapidement, le gouvernement cède. Hazare annonce sa victoire mais assure son suivi : quand le gouvernement propose une version édulcorée de la loi, il mène une autre grève de la faim pour qu’elle soit réécrite. Le gouvernement accepte et Hazare déclare sa victoire finale.

  • Les changements sociaux comme ceux obtenus par Hazare sont difficiles à obtenir.

Ils exigent :

  • Beaucoup de travail

  • Des stratégies claires

  • De fortes institutions civiles pour s’épanouir et survivre

  • De définir son œuf (son objectif) de façon claire dès le début

Il est néanmoins possible de faire durablement la différence : ce qui est important dans l’activisme c’est de faire naître un espoir en l’avenir et de donner au peuple une confiance en soi par la réussite d’une révolution non violente.


Chapitre 11 : Il fallait que ce soit vous

"Le pouvoir des hobbits ordinaires"

  • Premier exemple : Kathy se sent impuissante face aux problèmes mondiaux, jusqu'au jour où un centre commercial doit s'implanter à côté de l'école de ses enfants. Ses protestations individuelles n'ont aucun effet, elle mobilise le voisinage, puis identifie et rallie les piliers du pouvoir du maire (ici la communauté religieuse), et obtient gain de cause.

  • Deuxième exemple : Kibera est un gigantesque et insalubre bidonville à Nairobi, où la vie est dangereuse. Les aides internationales extérieures sont inutiles. Les habitants s'organisent. Ils élaborent un outil : une carte GPS pour mettre en commun leurs connaissances sur les dangers ou au contraire les ressources dans le bidonville, en identifiant 4 catégories : dangers / santé / éducation / eau et sanitaire. Ils l'impriment et la font compléter par les habitants. Une ONG se greffe au projet et lui donne une nouvelle ampleur, en permettant un système d'alertes en temps réel par texto pour tous les habitants, ce qui sécurise leurs existences.

Principes généraux :

  • Ingrédients indispensables au succès : utilité, planification, non violence + enthousiasme et créativité

  • Les réseaux sociaux facilitent l'action mais ils ne sont pas un aboutissement ; faire un groupe facebook et une manifestation ne suffit pas.

  • Tout revient à la communauté. On ne fait pas les choses pour la gloire, la lumière, le succès, mais pour avoir une chance d'avoir un impact positif sur le monde. Ne lisez pas ce livre comme une liste d'aventures héroïques menées par des leaders mais comme des principes généraux valables pour une vie entière, à appliquer partout et en toutes circonstances.

  • La vie prend son sens quand on la prend en charge et qu'on se lance dans l'action. Elle est aussi plus amusante.

  • Personne ne viendra à votre secours, "il faut que ce soit vous". Attaquez vous directement au problème. Écoutez vos propres cœurs rebelles et comptez sur vous-mêmes, vous êtes plus capables de résoudre les problèmes que les intervenants extérieurs. Même les plus petites créatures sont capables de changer le monde, si elles ont un esprit déterminé à faire une différence et un cœur convaincu que c'est possible.


Un travail collectif de Karen Chaudot, Victoire Perraud, Anna Keita, Sidney Fourestier, Lise Robine, Anna Granier, Esmeralda Blouin, Mathilde Noé et Hayat Guirhil sous la coordination de Léane Alestra.


Arpentage collectif _ Comment faire tomber un dictateur de Srdja Popovic
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